Chercheurs associés aux activités : F.-X. Fauvelle-Aymar, B. Hirsch, F. Abecassis
Les transformations récentes de la société marocaine, fortement marquée par des processus de globalisation, ne doivent pas faire oublier l’intérêt d’une approche historique et archéologique sur la culture marocaine et l’importance des processus de patrimonialisation. L’orientation de recherche « Archéologie et histoire » a été créée pour produire de nouvelles sources (en particulier archéologiques) et constituer et revisiter le corpus des sources écrites (en particulier locales) pour mieux revisiter l’histoire du pays et son volet patrimonial. Cette orientation développe actuellement une approche pluridisciplinaire autour du site archéologique de Sijilmâsa, haut lieu de l’histoire politique et religieuse du Maroc depuis le Moyen Âge et des relations commerciales entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Autour de ce site, il entend amorcer une étude régionale du sud marocain (en particulier des systèmes oasiens). Parallèlement à ce programme, des rencontres sont régulièrement organisées sur des thématiques d’histoire, entre autre coloniale.
Le programme « Sijilmâsa : ville, oasis, carrefour » vise à développer une approche pluridisciplinaire autour de trois foyers concentriques : les ruines du site urbain qui s’est développé entre le VIIIe et le XVe siècle (ville), la palmeraie et ses dynamiques agraires et de peuplement dans un environnement fragile (oasis), enfin les échanges marchands et techniques régionaux et internationaux dont Sijilmâsa fut un pôle majeur (carrefour).
Sijilmâsa est un site majeur tant pour l’histoire de l’Afrique que pour l’histoire économique et politique du monde méditerranéen médiéval. Première « porte » pour la traversée du Sahara, la ville de Sijilmâsa, siège des grandes maisons de commerce musulmanes et juives, fut le principal marché de l’or soudanais entre le VIIIe et le XVe siècle. Situé dans l’oasis du Tafilalet dans le sud-est du Maroc, le site archéologique n’a pas encore à ce jour livré les vestiges attendus de son passé prestigieux.
Sijilmâsa est située dans l’oasis du Tafilalet, dans le sud-est du Maroc, en zone de steppes présahariennes. Le Tafilalet s’étend dans la région d’entre-deux-fleuves que forment deux oueds descendus du massif du Haut Atlas, le Rhéris et le Ziz. Les cours de ces deux fleuves définissent une plaine fertile qui, depuis la Préhistoire et au cours des périodes historiques, exerça sur les nomades une attractivité accrue par la situation de l’oasis sur l’axe de circulation entre pâturages d’été et d’hiver, et à une échelle plus large, entre Méditerranée et Sahara.
Aujourd’hui, le site de Sijilmâsa est situé à proximité immédiate des faubourgs de Rissani, ancien ksar du même nom devenu chef-lieu régional. C’est une «zone archéologique» encore relativement préservée de l’empiètement de l’expansion urbaine.
Construire un programme de recherche franco-marocain en archéologie et histoire, qui se veut également un outil de coopération scientifique et la matrice d’un projet de mise en valeur patrimoniale, tel est l’objet du projet «Sijilmâsa : ville, oasis, carrefour ».
Les documents historiques se rapportant à Sijilmâsa sont divers : écrits de voyageurs et géographes arabes, archives produites par les communautés locales, correspondances des communautés juives d’Afrique du Nord, sources européennes (cartographie italienne et catalane, correspondances de maisons génoises…), etc. Le site est également documenté par des sources numismatiques (monnaies frappées à Sijilmâsa), architecturales (restes de murs en terre) et archéologiques.
Le programme « Sijilmâsa : ville, oasis, carrefour » a trois composantes :
Composante « Terrain »
A travers une approche pluridisciplinaire, associant archéologie et histoire, sciences de la formation du paysage, domaines de l’architecture et des arts, ou encore étude de la céramique et technologie ancienne des métaux, la composante « Terrain » vise à : identifier et mettre au jour les ensembles de vestiges bâtis de la ville médiévale en étudiant les dynamiques de progression et régression urbaine ainsi que les formes architecturales ; mettre en évidence les dynamiques urbaines et oasiennes en relation avec les dynamiques environnementales et agraires et les échanges transsahariens ; analyser les conditions économiques et technologiques qui ont permis l’essor et le développement, du VIIIe au XVe siècle, d’un établissement urbain de forte densité situé au cœur des dynamiques d’échanges économiques, technologiques et culturels transsahariens. Responsables : Larbi Erbati (INSAP) et F.-X. Fauvelle-Aymar http://univ-tlse2.academia.edu/Fran%C3%A7oisXavierFauvelleAymar/About Cette composante est soutenue par la Commission des fouilles du ministère français des Affaires étrangères et européennes et fait l’objet d’une convention entre l’INSAP et l’université de Toulouse-le-Mirail.
Composante « Sources »
En tant que support d’un programme de coopération universitaire franco-marocain sur l’histoire islamique et saharo-sahélienne médiévale, la composante « Documents » du programme vise à l’établissement et la publication d’un corpus de sources écrites, en particulier des très riches archives des communautés oasiennes ; l’étude à nouveaux frais des descriptions des géographes, historiens et voyageurs arabes (d’al-Bakrî et al-Idrîsî à Ibn Khaldûn et Léon l’Africain) et des sources européennes ; la publication de séries de référence sur les documents matériels issus de la fouille. Responsable : Bertrand Hirsch (université Paris I Panthéon-Sorbonne).
Composante « Patrimoine »
Le projet « Sijilmâsa » repose sur la volonté d’intégrer les dimensions de mise en valeur et de protection du site aux problématiques de recherche. Ainsi, cette composante vise à identifier, dès la phase des premiers travaux archéologiques, des modes de protection, de gestion et de valorisation en harmonie avec l’identité du site. Elle s’articule autour d’actions immédiates liées à la préservation du site et d’actions projetées à moyen et long terme liées à la promotion et à la valorisation du site, telles que : la coopération avec les autorités nationales compétentes pour la mise en œuvre de mesures de protection et de conservation des éléments bâtis et des structures et objets issus des fouilles en mobilisant les expertises techniques nécessaires ; le développement d’activités de médiation culturelle et de sensibilisation pendant les campagnes de fouille et au delà ; la promotion du potentiel culturel et touristique du site à travers la production et la diffusion de documents d’information grand public, la formation de guides locaux et la mobilisation de partenariats dans ce secteur en vue de son intégration dans les circuits touristiques de la région. Responsable : Zoubida Mseffer.
Les partenaires institutionnels du programme « Sijilmâsa : ville, oasis, carrefour » sont :
Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP), Ministère de la culture, Rabat, Maroc
http://www.minculture.gov.ma/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=413&Itemid=148&lang=fr
Laboratoire TRACES (CNRS/université de Toulouse-le-Mirail / EHESS / INRAP / Ministère de la Culture), Toulouse, France http://traces.univ-tlse2.fr/
Département d’histoire de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne
Centre d’Etudes et de Recherches Alaouites (CERA), Rissani, Ministère de la culture, Maroc
