Chercheurs associés aux activités : D. Caubet, K. Dirèche, E. Klaus, N. Helmy, B. Dupret, K. Ziamari, J. Vignet-Zunz
Depuis près d’une décennie le Maroc a connu des transformations importantes sur le plan culturel et linguistique, se traduisant entre autres par la reconnaissance institutionnelle de la langue amazigh, par le développement d’une nouvelle scène artistique urbaine, par l’émergence de nouveaux médias permettant de nouveaux moyens d’expression, bref par un certain « bouillonnement » culturel et médiatique qui traduit les évolutions sociales et politiques en court mais qui également participe parfois à leurs impulsions, ou du moins à leurs médiatisation et circulation.
Les recherches de cet observatoire s’organisent en trois axes :
Sociolinguistique : cet axe concerne la présence des langues parlées ou écrites dans l’espace public marocain (dârija, tamazight, arabe classique-standard, français, espagnol, anglais, mixte de langue, etc.). On s’intéresse aux dynamiques politiques, sociales et économiques qui modifient les usages et les représentations langagières dans les médias, les productions artistiques, la communication politique, la publicité, la cognition religieuse, etc. Cet axe prend également en compte les démarches plus descriptives de l’évolution des parlers marocains dans leur environnement rural ou urbain.
Anthropologie culturelle urbaine : au Maroc, comme ailleurs, les villes sont le cadre de productions et pratiques culturelles et artistiques (musique, cinéma, théâtre, presse, mode, arts dits « urbains ») qui participent à l’image de la ville, voire à la représentation de la nation. Entre patrimonialisation et ouverture sur une modernité globalisée, les scènes artistiques traduisent les évolutions sociétales en cours et les aspirations des uns et des autres et s’articulent sur des réseaux plus vastes. Les pratiques artistiques, les processus de patrimonialisation, les réseaux d’acteurs et les nouvelles manières d’habiter ou d’occuper la ville participent de ces pratiques culturelles urbaines.
Médias et cinéma : l’image, le cinéma et les (nouveaux) médias de communication sont des vecteurs de transformations, mais ils portent également en eux une lecture de la société marocaine. C’est toute la réflexion des sciences sociales sur ces matériaux d’analyse doublée d’un traitement pragmatique et praxéologique des productions médiatiques liées à des questions politiques dans le contexte marocain et, plus généralement, dans le monde musulman.
