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Séminaire jeunes chercheurs: De la performance de la réforme de l’éducation: une lecture géohistorique de l’action publique éducative

La 3ème séance du séminaire jeunes chercheurs

jeudi 7 novembre - 16 h 00 min - 18 h 00 min

Intervenant(s) : Hakim NAJIB, doctorant en Science politique à l’Université Mohammed V de Rabat.

Date : jeudi 7 novembre - 16h00 - 18h00

Responsable(s) : Anouk Cohen anouk.cohen6@gmail.com, Loubna Oubaali oubaaliloubna90@gmail.com, Raphaëlle Chevrillon-Guibert raphaelleguibert@gmail.com

Catégorie :

Discutante : Wafae Belarbi, professeure à l’Ecole Nationale d’Architecture, Rabat.

Descriptif: Depuis quand sommes-nous en réforme de l’éducation? Bien malin est le chercheur qui parviendrait à répondre à cette question avec précision. La réforme de l’éducation nationale semble être devenue un état de fait chronique, un effet dannonce systématique à chaque remaniement ministériel. Le changement, par ailleurs, semble être la préoccupation principale des chercheurs qui ont contribué à ériger les politiques publiques en discipline-reine de lanalyse de laction publique: depuis le début des années 1970, les travaux de Jones sur le séquençage de laction publique achèvent de propulser lanalyse des politiques publiques au rang de champ disciplinaire à part entière des sciences sociales. Dans son ouvrage An Introduction to the Study of Public Policy, le chercheur américain propose une série de grilles d’analyse séquentielles de laction publique qui se distinguent par leur caractère éminemment fonctionnel. Dans le modèle de Jones, laction publique suit un cycle comparable à celui de l’existence d’un être vivant, dont la croissance serait rythmée par une succession d’étapes allant de sa naissance à sa mort ou à sa renaissance.

Que nous apprend la littérature en sciences sociales sur la réforme de l’éducation ? Elle révèle depuis une trentaine d’années, et à travers une multitude de prismes disciplinaires, l’existence de dynamiques profondes, nombreuses et complexes dont l’enchevêtrement préside au changement politique. Pour le chercheur britannique Goodson, la première étape pour rendre intelligible tout processus de réforme de l’éducation est de distinguer, parmi ces dynamiques, celles qui relèvent de facteurs endogènes de celles qui participent de déterminants exogènes. Il propose de décomposer le processus de changement en matière d’éducation en quatre étapes distinctes : « l’invention, [qui] peut être considérée comme la formulation du changement ;la promotion, [qui peut être considérée] comme la mise en œuvre du changement ;la légalisation, [qui peut être considérée] comme l’établissement du changement ;l’idéologisation, [qui] correspond au changement établi de manière définitive ». L’hypothèse que cette modélisation lui permet de développer est que « l’invention et la production du changement apparaissent d’abord de manière endogène et qu’elles cherchent ensuite une légitimation à l’extérieur.»

Cette perspective est particulièrement intéressante dans l’optique de notre travail, dès lors qu’elle suggère de passer l’action publique au prisme de dynamiques et de logiques internationales qui s’inscrivent nécessairement dans le temps long de l’Histoire.

L’objet de l’intervention est de confronter ce modèle à l’histoire de l’action publique éducative au Maroc depuis son indépendance. Comment en dégager les déterminants du changement ? Comment comprendre la réforme de l’éducation au Maroc sans s’intéresser aux évolutions internationales du secteur éducatif ? Et finalement, l’éducation ne serait-elle pas  un enjeu des relations internationales ?

 

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