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Séminaire jeunes chercheurs: La couleur de l’illégalité Contrôle frontalier, corps racialisés et régimes d’illégalité au Maroc

18 décembre 2019 - 16 h 00 min - 18 h 00 min

Intervenant(s) : Lorena GAZZOTI, docteur en sociologie à l’université de Cambridge

Lieu : CJB - Rabat,

Date : 18 décembre 2019 - 16h00 - 18h00

Responsable(s) : Anouk Cohen anouk.cohen6@gmail.com, Loubna Oubaali oubaaliloubna90@gmail.com, Raphaëlle Chevrillon-Guibert raphaelleguibert@gmail.com

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Descriptif: Qu’est-ce qui fait d’un étranger un « migrant illégal » dans un contexte de contrôle frontalier ? La littérature scientifique issue de la sociologie et de l’anthropologie de la migration explique l’illégalité comme une catégorie produite par les politiques migratoires restrictives, qui « illégalisent » des flux migratoires historiquement établis. Ce que la production scientifique n’a pas creusé est que l’application de la loi n’est pas neutre, et que le concept d’ « illégalité » est ré-interprété par les acteurs travaillant dans le domaine du contrôle frontalier selon des considérations racialisées qui sont produites par les politiques migratoires. A partir de données qualitatives récoltées lors d’un terrain de recherche mené entre 2013 et 2019 au Maroc, ce séminaire interroge la catégorie d’”illégalité” telle qu’elle est appliquée au niveau de la rue et vécue par différents groupes d’étrangers, originaires d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique Sub-Saharienne. Nous allons mobiliser le travail de Sara Ahmed pour expliquer que l’illégalité est intimement liée à des hiérarchies racialisées de contrôle frontalier, qui structurent les sociétés et la mobilité selon des notions de péril, privilège et mérite. Les bureaucrates aux frontières altèrent l’applicabilité de la catégorie d’ »illégalité », en adoptant un approche restrictif à l’égard d’individus racialisés, et un comportement tolérant, et presque indifférent, à l’égard des personnes migrantes considérés comme privilégiés, souvent de manière indépendante du statut administratif de la personne.

Discutant: Ahmed ELKHATABI, enseignant chercheur à la faculté des lettres et sciences humaines Meknès, département de sociologie, thèse de doctorat dans le domaine de sociologie de l’école en 2015 à l’université de Rabat sur « l’impact de la violence sco­laire sur la qualité de vie scolaire au Maroc ». Formation PostDoc à l’université de Bordeaux en 2018 sur « le harcèlement sexuel dans les campus universitaire » au centre Emile Durkheim.

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