Réparations collectives et gouvernance : une perspective casablancaise

Intervenant : Frédéric Vairel, professeur agrégé, École d’études politiques, Université d’Ottawa

Descriptif : Cette communication porte sur le fonctionnement du programme de réparation communautaire à Casablanca. Issue des recommandations de l’Instance équité et réconciliation, la Commission vérité marocaine, la réparation communautaire est un dispositif de réparation collectif destiné aux zones dont les populations lient leur faible développement socio-économique aux violences des « années de plomb ». Le programme consiste en une ligne de financement offert par appel d’offres aux ONG. Onze régions ont bénéficié de ces financements en matière d’activités génératrices de revenu, d’accroissement des capacités des associations et de préservation de la mémoire. Le fonctionnement de la configuration casablancaise est éclairant à plus d’un titre. Il s’agit de l’une des villes- capitales mais aussi en raison de la présence du centre de détention secret Derb Moulay Chérif ou de la contribution d’acteurs politiques et associatifs locaux à la formulation de cette politique de réparation. En analysant cette politique à partir de son « point d’impact » (Olivier de Sardan), on montrera comment les thématiques et les objectifs du programme sont appropriés par une gamme variée d’acteurs associatifs, on soulignera la manière dont il évite les controverses autour des violences passées, enfin, on décrira la façon dont l’aspect « communautaire » prend peu à peu le pas sur la dimension réparatrice.