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SUMMARY:Journée d’études : Arts et Sciences Sociales : repenser les mobilités par les savoirs partagés
DESCRIPTION:Journée d’études : Arts et Sciences Sociales : repenser les mobilités par les savoirs partagés\nVendredi 7 novembre 2025\nCentre Jacques Berque\, 9h00 – 17h00 \n| Affiche | \nRésumé :\nAssocier l’étude de l’art à celle des migrations prend pour point de départ la dimension turbulente des migrations et le dynamisme des trajectoires migrantes. Cette association vise à interroger la dualité du paradigme « push/pull » qui structure la pensée des politiques migratoires. Laquelle considère trop rarement le migrant comme porteur d’une compétence qui lui permet une insertion professionnelle dans les pays de départ comme d’arrivée. En effet\, le manque d’opportunité et d’insertion professionnelle présentée comme facteur de push\, conditionne une stigmatisation du migrant comme celle d’un individu en  manque de qualification. Point de départ d’une essentialisation du migrant comme marginal\, elle place le migrant comme exclu\, et au cœur d’une dynamique de pull. Cette idée est profondément imbriquée dans la « gouvernance humanitaire » dont l’objectif est de parvenir à une gestion sélective et ordonnée des flux (Agier\, 2008 ; Fassin\, 2007). La migration est dans ce sens vue essentiellement comme un fardeau à gérer entre les pays de départ\, de transit et d’arrivée (voir Pacte européen sur les migrations et l’asile 2020). Notre démarche par les arts et les migrations\, tente de remettre en cause la production d’une variété de régimes frontaliers\, qui sont conçus comme une réponse “efficace” de la part des États (Mouna\, Harrami\, 2018). La migration est une opportunité sociale\, culturelle et économique\, elle s’inscrit dans un monde en mouvement\, et permet de répondre à un besoin économique\, culturel et social. \nComment l’art devient un pont au sens de Simmel qui relie la société des migrants avec la société locale ? Les migrants élaborent des récits créatifs\, ils-elles peignent\, chantent\, dansent leurs parcours. Ces récits apparaissent\, dissimulés dans les gestes d’une chorégraphie ou plus lisiblement dans les paroles d’une chanson. L’analyse de ces derniers manifeste des stratégies d’adaptation et de mise en conformité avec certaines attentes locales\, afin de susciter la sympathie\, et favoriser des conditions propices à leur régularisation et leur intégration. Comment aborder ces épistémès de l’art ? Se distinguent-ils des pratiques des artistes marocains sur le territoire et de positionnements qui résident fréquemment entre des dynamiques de transgressions et de reconnaissance sociale? Comment ces pratiques artistiques font-elles sens sur le territoire\, comment rendent-elles manifeste des dynamiques socio-politiques occultées? \nFace à la prescription d’un statut\, les migrants renouvellent leurs identités par la pratique artistique ; ainsi\, devenir artiste est perçu comme un accomplissement. Ils et elles organisent des activités avec des associations locales\, ateliers ou prestations artistiques avec d’autres communautés discriminées au Maroc\, comme celle organisée en collaboration avec des artistes marocains. En s’appuyant sur les arts\, ils dépassent les stigmatisations limitantes qui leur collent à la peau pour produire un régime sensible ouvert à la communauté. En d’autres termes\, ces migrants brouillent les frontières\, orientent un nouveau regard et une nouvelle grille de lecture de nos sociétés. Partant de là\, peut-on privilégier la question de l’art comme une piste qui renouvelle les épistémologies du champ d’étude migratoire ? Comment l’art peut se structurer et se rattacher aux migrations collectives et individuelles ? Il s’agit précisément\, au cours de cette journée d’étude\, d’interroger le champ ouvert par les épistémologies filmiques. Le tournage apparaît comme un espace d’expérimentation pour les chercheurs\, où s’actualisent les positions des personnes en mobilité tant dans le champ que le hors champ. \nSe faisant\, l’art se retrouve en plein cœur des enjeux de légitimation de la mobilité\, car les artistes se trouvent aux prises avec des dynamiques de solidarités locales et de soutien financier guidés\, notamment celles des représentations diplomatiques et culturelles des pays Nord. Ces réalités nous enjoignent à questionner\, outre les processus de production individuel et collectif des artistes en mobilité\, les enjeux réticulaires qui s’attachent à leurs activités\, en analysant la place des circuits de solidarités et de financement qui les soutiennent et renforcent la place des pays du Nord au Maroc. \nLes parcours des migrants artistes témoignent du rôle et du pouvoir de l’art à re-symboliser le réel\, à travers la danse\, le son\, la peinture… sans pour autant les affranchir des réseaux des bailleurs de fond et des enjeux de légitimation. Ainsi\, l’art se pose ici comme un processus liminal\, un moment de transition et de flottement\, un espace d’inversion qui présente une occasion de renversement d’une situation d’une façon temporaire. Cette perspective nous pousse à étudier les arts comme des construits relatifs au cadre juridique et institutionnel qu’implique la régularisation et la légitimation de leurs situations en tant qu’artistes. Une attention à ces multiples parcours intervient alors comme un révélateur du changement de traitement que l’Etat\, et rend plus largement visible le regard que la société d’accueille leur porte. \nCette journée d’étude vise :\n\nA démontrer les potentiels d’une approche de la question migratoire par les arts\, ses enjeux multiples et ses implications.\nSoutenir une approche de la migration en terme de circulation culturelle.\nPrivilégier la question de l’art comme une piste qui renouvelle les épistémologies du champ d’étude migratoire et comment l’art se structure et se rattache aux migrations collectives et individuelles\nIdentifier les processus innombrables de légitimation que peut prendre un groupe ou des individus dans le devenir artistique.\n\nIntégrer un moment d’échange avec des doctorants travaillant sur les enjeux migratoires au Maroc et au-delà : pour évoquer l’accès à ce type de terrain\, les modalités d’enquête\, l’apport heuristique d’une telle démarche\, les ancrages théoriques etc. \nProgramme :\nMatinée – 9h à 12h30  \nCommunications\nExposition des données\, des protocoles et des questions autour des terrains. Les chercheurs questionnent leurs cadre théorique et conceptuel. \nIsmail Oubad\, Université de Liège \n« (De)Centralizing the Gaze: Filming the Journeys of Illegalized Migrants Along the Belgian-French Bordered Route Through Ethnographic Intentions\, Activist Engagements\, and Contentious Politics » \nVictoire Jaquet et Khalid Mouna\, Nanterre\, Moulay Ismail \n“Les valeurs de l’art : rétributions symboliques et rétributions financières. Regards sur le hors champ du tournage d’un film documentaire. Retour sur une ethnographie. \nFarouk El Maarouf\, Ibn Toufail / Justus Liebig University Giessen  \n« Neo-Chaabi as Long-Distance Disobedience: Activist Art\, Archival Aesthetics\, and the Crisis of Poetic Agency. \nDébat avec les doctorant·e·s qui travaillent sur la question migratoire?  \nL’après- midi – 14h30 à 17h00 \nPerformances et discussions \navec les artistes  Joël Ining et Youness Atbane \nAtelier avec les doctorant·e·s \nCes rencontres et débats avec les artistes visent à questionner l’imaginaire des chercheur·se·s au cœur de leurs travaux. Ce processus invite les doctorant·e·s à interroger les cadres de recherches à partir desquelles se construisent les connaissances sur les mobilités. \n  \n 
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LOCATION:Centre Jacques Berque\, 35 Av. Tariq Ibn Ziyad\, Rabat\, 10000\, Morocco
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