Séminaires Jeunes Chercheurs du CJB (2025-2026)

Date et heure : 15 janvier 2026 de 16h00

| Affiche | Discutante : Sanae Aljem, Professeur Assistant à l’École Nationale d’Architecture de Rabat

Intervenante : Houda Nkhili, doctorante en urbanisme à l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme de Rabat et
à l’Université Libre de Bruxelles.

Titre de l’intervention : Tamesna, un laboratoire du relogement : lecture des imaginaires des acteurs.

Résumé : Ma présentation porte sur les imaginaires des acteurs autour de la ville nouvelle de Tamesna, créée dans le cadre du programme « Villes sans bidonvilles » pour répondre aux enjeux du relogement et de la planification urbaine au Maroc. Elle examine comment ces visions et représentations influencent le contexte d’émergence du projet et les choix liés à sa conception et sa production. L’analyse met en lumière la dynamique des acteurs institutionnels, publics et privés, ainsi que la diversité de leurs logiques d’action, permettant de comprendre comment chacun investit, façonne et mobilise Tamesna, révélant ainsi la pluralité des visions et des attentes autour du projet de la ville nouvelle.

Bio :  Houda Nkhili, doctorante en urbanisme affiliée à l’INAU en cotutelle avec l’ULB (Faculté d’Architecture La Cambre Horta, Laboratoire LOUISE), je mène une recherche sur la production de la ville nouvelle de Tamesna dans le cadre des politiques marocaines de relogement des populations issues des bidonvilles. Mon travail analyse les imaginaires des différents acteurs impliqués dans ce projet et les dynamiques urbaines qu’ils contribuent à façonner, dans un contexte d’urbanisme néolibéral.

Intervenant : Tifawt Loudaoui, Architecte et Maître de conférences associé à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg.

Titre de l’intervention : L’été 1968 et l’invention éphémère des vacances au nord du Maroc : Tanger, M’diq, Al Hoceima (1965-1970).

Résumé : Cette intervention analyse l’engouement touristique bref qui transforme le littoral nord du Maroc entre 1965 et 1970, à partir de dix opérations menées autour de Tanger, M’diq et Al Hoceima. L’année 1968 est retenue comme point d’observation car elle marque l’ouverture de la première génération de villages de vacances lancés dès 1965, et coïncide avec la création à Rabat de la Commission Africaine du Tourisme, dans le cadre du programme international « Afrique 1969 » porté par l’UIOOT. Présenté comme « pays pilote », le Maroc mobilise alors acteurs publics (ONMT, Maroc Tourist) et privés (promoteurs, Club Méditerranée) pour façonner une image balnéaire moderne. L’étude montre comment cette dynamique courte, intensément médiatisée par brochures, rapports et images, produit un modèle ambitieux mais fragile, révélateur des tensions du tourisme marocain de la fin des années 1960.

Bio :
Tifawt Loudaoui est architecte, doctorante et maîtresse de conférences à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg. Sa thèse porte sur les formes de représentation et d’interprétation du vernaculaire dans les villages de vacances de la côte nord du Maroc et de la Costa del Sol entre 1962 et 1975. Elle a bénéficié de bourses de recherche de la Casa de Velázquez à Madrid, du Centre Jacques Berque à Rabat et de la bourse Jean Walter Zellidja de l’Académie française.

Argumentaire : Le séminaire « Jeunes chercheurs » est un cycle de rencontres mensuel destiné à la valorisation des travaux scientifiques portés par de jeunes doctorant(e)s, et postdoctorant(e)s ayant perçu, pour leur projet de recherche, le soutien du Centre Jacques Berque pour les recherches en sciences sociales et humaines.

De la préhistoire à l’urbanisme, en passant par l’histoire, la géographie, la sociologie et l’anthropologie, le séminaire parcourt plusieurs champs disciplinaires, en s’attachant à les faire dialoguer. Les jeunes chercheurs qui y présentent leur travail expliquent différentes étapes du parcours doctoral ou postdoctoral : amorce d’un projet de thèse, étape finale d’une recherche doctorale ou valorisation d’un postdoctorat en cours. Ainsi, c’est autant un moment d’initiation à la communication et à l’argumentation scientifiques qu’une occasion pour confronter ses résultats et conclusions à l’épreuve du commentaire et de la critique.

Dans un cadre bienveillant et constructif, chaque séance tantôt thématique, tantôt transversale, présente deux interventions de jeunes chercheurs invités à partager avec leurs pairs l’avancement de leurs recherches respectives. En outre, afin d’encourager le débat dans une perspective d’échange scientifique, le séminaire reçoit parallèlement un(e) discutant(e), chercheur confirmé dans son champ d’expertise, pour animer les échanges et présenter ses observations, questionnements, pensées et perspectives sur chaque présentation.

Outre (et en lien avec) sa pluridisciplinarité, le séminaire se veut aussi être un véhicule d’apprentissage et de transmission. Les questions méthodologiques de la recherche scientifique en sciences sociales sont au cœur de chaque séance. Sont traitées ainsi les questions de l’accès au terrain et aux ressources, de la réflexivité ou encore de l’écriture en SHS, etc.

Enfin, le séminaire « Jeunes chercheurs » s’ouvre désormais aux doctorant(e)s et postdoctorant(e)s des institutions de recherche partenaires du Centre Jacques Berque, en particulier l’Université Mohammed V de Rabat. Ainsi, il est un rendez-vous mensuel stimulant pour la jeune recherche en sciences sociales au Maroc.

Ce séminaire se tiendra en hybride :
– En présentiel au Centre Jacques Berque
– En visioconférence sur Zoom via le lien suivant, sans inscription :

Coordination scientifique : Anne Lascaux, Docteure en géographie, membre associé du laboratoire Analysée comparée des pouvoirs