La quatrième étape du cycle régional « Penser l’islam depuis l’Afrique »
la légitimité du religieux comme régulateur social en question »

Le cycle régional de débat d’idées « Islam et sociétés » est conçu par les Instituts français du Maroc et du Sénégal et l’Institut français. Il réunit des personnalités académiques et issues des sociétés civiles, principalement du Maroc, du Sénégal et de France.

Ce cycle régional de débat d’idées est également complémentaire du séminaire de recherche « Penser l’Islam depuis la France, le Maroc et le Sénégal », initié par le Centre Jacques-Berque, l’Université Internationale de Rabat, l’Institut Fondamental d’Afrique Noire – Cheikh Anta Diop et l’Inalco.

La première étape, « Penser l’Islam depuis l’Afrique », s’est tenue le 28 mars 2024 à Rabat. Elle a permis de valoriser les travaux des universitaires, penseurs et penseuses de l’islam en Afrique tout en s’interrogeant sur les enjeux de transmissions, de circulations et de pratiques de l’islam sur le continent africain et au sein des diasporas africaines.

La deuxième étape, « Islam et féminismes », s’est déroulée les 24 et 25 octobre 2024 à Saint- Louis, en marge du Forum Exclusivement Féminin organisé par l’Institut français du Sénégal à Saint-Louis. Une table ronde « Penser l’Islam depuis l’Afrique au prisme du patrimoine » a également été organisée à Dakar, le 22 octobre 2024, pour poursuivre
les discussions qui se sont tenues à Rabat en mars. Elle a permis d’analyser les pratiques et transmissions de la religion musulmane en Afrique sous le prisme du patrimoine matériel et immatériel des sociétés africaines.

La troisième étape, « Penser l’Islam : (géo)politique des religions », s’est tenue à Rabat le 9 mai 2025. Deux tables rondes ont été organisées et ont permis de se pencher sur les modalités de l’action (géo) politique et diplomatique de l’islam. A Casablanca, une table ronde consacrée à la thématique « Islam et féminismes », organisée le 8 mai 2025, a prolongé et approfondi les discussions qui se sont tenues au Sénégal en octobre 2024.

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le 18 décembre 2025 au Musée Théodore Monod d’Art africain à 17h30

Table-ronde : « (Géo)politique des religions : la légitimité du religieux comme régulateur social en question »

Sur le plan diplomatique, le Sénégal s’inscrit dans un équilibre singulier entre laïcité constitutionnelle et forte religiosité sociale. Les confréries musulmanes, en particulier, jouent un rôle majeur dans la médiation sociale et politique, tout en projetant l’influence sénégalaise à l’international, notamment en Afrique de l’Ouest et dans le monde musulman. Ce modèle, fondé sur le dialogue interreligieux et la prévention des radicalismes, confère au Sénégal une image de stabilité et de tolérance qui constitue un véritable outil de soft power.

La religion, au-delà de sa dimension spirituelle, occupe depuis toujours une place centrale dans la structuration des sociétés. Elle a longtemps incarné un cadre normatif, éthique et identitaire, façonnant aussi bien l’organisation politique que les pratiques sociales et culturelles. Aujourd’hui encore, malgré les processus de sécularisation et la montée en puissance des modèles étatiques modernes, les religions demeurent des acteurs influents, capables de fédérer, de légitimer le pouvoir ou d’entrer en tension avec lui.

Dans un contexte marqué par la mondialisation, la pluralité des croyances et la montée des radicalismes, la question de la légitimité du religieux comme régulateur social se pose de manière singulière au Maroc, au Sénégal et en France. Selon les pays, elle revêt une dimension (géo)politique plus ou moins sensible. Si d’un côté, les institutions religieuses contribuent à la cohésion, à la médiation et à la solidarité, de l’autre, elles peuvent être instrumentalisées à des fins politiques ou devenir sources de divisions. Les cas marocain, sénégalais et français appréhendés dans leurs caractéristiques à la fois historiques, sociales et culturelles serviront de point de départ à la discussion.

Cette table ronde propose d’interroger le rôle du religieux comme Modération facteur (ou non) de régulation dans un monde traversé par des crises sociales, politiques et identitaires.
Il s’agira d’analyser :
• Les fondements historiques et culturels de cette légitimité ;
• Les tensions entre religieux et sécularisation dans les États contemporains et plus particulièrement au Sénégal, au Maroc et en France
• Les nouvelles formes de la parole religieuse et de sa publicisation et/ou politisation sur la scène internationale ainsi que leur impact sur les équilibres géopolitiques en Afrique et en Occident ;
• Les perspectives d’un dialogue entre croyances, institutions politiques et société civile pour penser le vivre-ensemble. L’ambition de cette rencontre est d’ouvrir un espace de réflexion interdisciplinaire, réunissant chercheurs, acteurs religieux, responsables politiques et membres de la société civile, afin de questionner le religieux comme régulateur social.

le 19 décembre 2025 au Musée Théodore Monod d’Art africain à 17h30

Table-ronde : « Quelles traditions de pensée écologique en Islam ? Sources, acteurs, pratiques »

Les avancées technologiques des dernières années, les dégradations de l’environnement et l’industrialisation croissante des sociétés invitent les hommes et les femmes à repenser leur rapport au vivant et à la nature. Quelle place est accordée au vivant et au bien-être du vivant en islam ? Quelles approches écologiques peuvent être tirées des textes et des enseignements religieux ? Comment ces nouveaux courants de pensée permettent-ils de remettre à l’ordre du jour les questions environnementales et écologiques mais également de santé physique et mentale ?

Au Sénégal, les confréries (Mourides, Tidianes, Layènes, Khadres) ont développé, à travers leurs pratiques spirituelles, économiques et agricoles, une véritable écologie religieuse locale, aujourd’hui réinvestie face aux défis climatiques (désertification, gestion de l’eau, urbanisation). Ce rapport au vivant s’inspire du Coran, de la Sunna et des pratiques spirituelles et sociales qui en découlent.
Comment ces courants de pensée permettent-ils de remettre à l’ordre du jour les questions environnementales et écologiques ? Quels rôles accorder aux chefs spirituels et religieux concernant le renouvellement des pratiques écologiques au Sénégal, au Maroc et dans la région ?