Séminaires Jeunes Chercheurs du CJB (2025-2026)
Date et heure : 19 novembre 2025 de 16h00
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Intervenant : Charif Elalaoui, Post-doctorant en sociologie des mobilisations et des
rapports sociaux, Laboratoire Espaces et Sociétés
(UMR6590, CNRS)
Titre de l’intervention : Je ne fais pas de politique ici » Territorialités et économie morale du mouvement « GenZ212 » au Maroc.
Résumé : Le surgissement des événements protestataires et leur intensité interrogent les outils d’analyse en sciences sociales. Le mouvement « GenZ212 », composé majoritairement de la jeunesse marocaine et né officiellement le 27 septembre 2025, s’inscrit dans cette dynamique. Certains commentaires l’associent à la vague de mobilisations de la « génération Z » dans d’autres pays ; d’autres y voient une colère légitime, mais sans profondeur politique et vouée à l’échec. L’hypothèse discutée ici est que la distanciation de la politique traditionnelle exprimée par la jeunesse marocaine relève moins d’une « dépolitisation » que d’une vision renouvelée de la participation démocratique. Cette séance proposera ainsi une lecture scientifique préliminaire, ainsi qu’une réflexion sur des enjeux méthodologiques en cours de construction.
Bio :
Charif Elalaoui est docteur en sociologie politique et chercheur au Centre Jacques Berque & le laboratoire Espaces et Sociétés (UMR, 6590, CNRS). Ses travaux s’inscrivent à l’intersection de la sociologie des mobilisations, des rapports sociaux et de la géographie critique. Ils visent à comprendre les mobilisations collectives par le bas et les inégalités face aux défis écologiques, en France et au Maroc.
Intervenant : Achraf Amhaouch, doctorant en sociologie et anthropologie de la vie quotidienne des jeunes et les dynamiques locales, Laboratoire « Homme, Sociétés et Valeurs » à l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra
Titre de l’intervention :La jeunesse et la question sociale dans le Rif marocain : étude sociologique des racines de l’indignation et de la protestation.
Résumé : Cette contribution vise à analyser la relation des jeunes à la question sociale dans le Rif marocain, en explorant les manières dont ils construisent leurs représentations des conditions de vie et de la réalité sociale, et comment ces représentations se transforment en sentiments et en pratiques de colère ou en diverses formes de protestation.
La recherche part de l’hypothèse selon laquelle la privation et la fragilité socioéconomique qui caractérisent le monde rural rifain — marquées par le chômage, le recul des services publics de base et la faiblesse des opportunités d’insertion professionnelle — génèrent chez les jeunes un sentiment d’injustice et de marginalisation. Ces sentiments se traduisent par des modes d’expression variés : protestation ouverte et affrontement, mais aussi retrait ou migration.
En fin, cette étude cherche à montrer comment les expériences vécues des jeunes du Rif reconfigurent la question sociale au Maroc — non plus seulement comme une question de pauvreté ou de précarité, mais comme une interpellation directe des acteurs et des structures responsables de ces situations.
Bio :
Achraf Amhaouch est doctorant en sociologie et anthropologie au Laboratoire « Humanités, Sociétés et Valeurs » à l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra (Maroc). Ses recherches portent sur la vie quotidienne des jeunes et les dynamiques locales dans le Rif marocain, en particulier sur les expériences de l’incertitude et la reconfiguration des liens sociaux. Ses intérêts scientifiques incluent la jeunesse, le développement, le Buen vivir et les transformations des sociétés locales.
Argumentaire : Le séminaire « Jeunes chercheurs » est un cycle de rencontres mensuel destiné à la valorisation des travaux scientifiques portés par de jeunes doctorant(e)s, et postdoctorant(e)s ayant perçu, pour leur projet de recherche, le soutien du Centre Jacques Berque pour les recherches en sciences sociales et humaines.
De la préhistoire à l’urbanisme, en passant par l’histoire, la géographie, la sociologie et l’anthropologie, le séminaire parcourt plusieurs champs disciplinaires, en s’attachant à les faire dialoguer. Les jeunes chercheurs qui y présentent leur travail expliquent différentes étapes du parcours doctoral ou postdoctoral : amorce d’un projet de thèse, étape finale d’une recherche doctorale ou valorisation d’un postdoctorat en cours. Ainsi, c’est autant un moment d’initiation à la communication et à l’argumentation scientifiques qu’une occasion pour confronter ses résultats et conclusions à l’épreuve du commentaire et de la critique.
Dans un cadre bienveillant et constructif, chaque séance tantôt thématique, tantôt transversale, présente deux interventions de jeunes chercheurs invités à partager avec leurs pairs l’avancement de leurs recherches respectives. En outre, afin d’encourager le débat dans une perspective d’échange scientifique, le séminaire reçoit parallèlement un(e) discutant(e), chercheur confirmé dans son champ d’expertise, pour animer les échanges et présenter ses observations, questionnements, pensées et perspectives sur chaque présentation.
Outre (et en lien avec) sa pluridisciplinarité, le séminaire se veut aussi être un véhicule d’apprentissage et de transmission. Les questions méthodologiques de la recherche scientifique en sciences sociales sont au cœur de chaque séance. Sont traitées ainsi les questions de l’accès au terrain et aux ressources, de la réflexivité ou encore de l’écriture en SHS, etc.
Enfin, le séminaire « Jeunes chercheurs » s’ouvre désormais aux doctorant(e)s et postdoctorant(e)s des institutions de recherche partenaires du Centre Jacques Berque, en particulier l’Université Mohammed V de Rabat. Ainsi, il est un rendez-vous mensuel stimulant pour la jeune recherche en sciences sociales au Maroc.
Ce séminaire se tiendra en hybride :
– En présentiel au Centre Jacques Berque
– En visioconférence sur Zoom via le lien suivant, sans inscription :
Coordination scientifique : Bouchra Karroud, Zouhair Jebbar




